À Asama Onsen, dans la préfecture japonaise de Nagano, KAI Matsumoto vient de rouvrir ses portes après une rénovation complète. Hoshino Resorts y imagine une nouvelle expression du ryokan thermal, où la culture musicale de Matsumoto dialogue avec les vins de Shinshu, une gastronomie italienne inattendue et l’art ancestral du onsen.
Certains hôtels se rénovent. D’autres profitent de cette transformation pour repenser entièrement la manière dont un lieu peut se raconter. KAI Matsumoto appartient clairement à cette seconde catégorie.
Rouvert le 4 août 2026 à Asama Onsen, l’établissement de Hoshino Resorts ne cherche pas à rompre avec l’esprit du ryokan japonais. Il en conserve les fondements — l’attention au territoire, le rythme du séjour, le bain thermal et la précision de l’hospitalité — tout en introduisant de nouveaux langages.
La musique devient une présence quotidienne. Les vins de Nagano prennent une place centrale. La table abandonne le traditionnel dîner kaiseki au profit d’une cuisine italienne nourrie des produits locaux. Quant aux sources d’Asama Onsen, elles restent au cœur de l’expérience à travers un parcours thermal particulièrement développé.
Quatre univers se répondent ainsi naturellement : la musique, la gastronomie, le vin et les onsen.
La musique comme signature de Matsumoto
Matsumoto entretient depuis longtemps une relation particulière avec la musique et les arts. La ville accueille notamment depuis 1992 un festival international de musique classique et s’est forgé une identité culturelle qui dépasse largement les murs de ses salles de concert.
KAI Matsumoto a choisi de faire de cet héritage l’un des fils conducteurs de l’hôtel.
Le lobby, organisé autour d’un spectaculaire atrium d’environ dix mètres de hauteur, devient chaque soir un lieu de musique live. Le piano, les instruments exposés, le travail du bois et les éléments évoquant la fabrication artisanale des guitares composent un espace qui n’a rien d’une salle de spectacle traditionnelle.
La musique s’y installe presque naturellement. En fin de journée, les hôtes peuvent s’asseoir, découvrir un vin de Nagano et laisser le son habiter cette architecture verticale où l’acoustique joue pleinement son rôle.
Ce qui pourrait n’être qu’une animation devient alors une véritable expérience du lieu : Matsumoto ne reste pas à l’extérieur de l’hôtel, la ville entre dans le ryokan.
GAKU no Ma, lorsque la chambre devient un espace d’écoute
Cette identité musicale se prolonge dans les chambres avec le concept GAKU no Ma, imaginé en référence au mot japonais gaku, qui signifie musique.
Platines vinyle et enceintes haute-fidélité permettent aux voyageurs de prolonger l’expérience musicale dans l’intimité de leur chambre.
Mais le parti pris ne s’arrête pas au son. Le décor intègre également des références au Matsumoto Keisei-nuri, technique de laquage développée dans la région et historiquement utilisée dans la fabrication de guitares.
Le travail du bois, les matières et les détails décoratifs ne servent donc pas uniquement à créer une atmosphère. Ils racontent eux aussi le territoire.
La Suite GAKU de 130 m² pousse cette idée beaucoup plus loin. Elle dispose de son propre piano, d’un onsen privé en plein air, d’un sauna et d’une terrasse, réunissant dans un même espace musique, intimité et expérience thermale.
La chambre devient ainsi une véritable extension du séjour, et non plus seulement l’endroit où celui-ci s’interrompt pour la nuit.
Une rupture gastronomique assumée
C’est probablement à table que la transformation de KAI Matsumoto prend sa dimension la plus inattendue.
La cuisine kaiseki traditionnelle laisse désormais place à une gastronomie italienne raffinée. Pour la marque KAI, profondément associée à l’univers du ryokan japonais, le choix est audacieux.
Il ne signifie pourtant pas l’abandon du territoire. Bien au contraire.
Les produits de Nagano et du Shinshu restent au centre de la proposition culinaire. Les techniques et l’inspiration italiennes deviennent simplement une autre manière de les interpréter, de les associer et de les mettre en valeur.
La salle de restaurant privilégie des espaces semi-privatifs et des matières chaleureuses, maintenant cette sensation d’intimité propre au ryokan tout en introduisant une approche gastronomique beaucoup moins attendue.
L’Italie apporte le langage ; Nagano conserve l’accent.
Le vin de Nagano au centre du voyage
Cette nouvelle orientation culinaire trouve naturellement son prolongement dans le vin.
KAI Matsumoto propose désormais plus de 50 vins de Nagano, issus d’une région viticole de climat frais dont la production reste encore relativement confidentielle en Europe.
Une attention particulière est portée à Kikyogahara, territoire situé à environ 700 mètres d’altitude et reconnu comme l’une des zones viticoles emblématiques de Nagano.
Un nouveau bar à vin a également été installé dans le lobby. Son comptoir semi-circulaire regarde directement vers l’espace musical, créant une continuité très naturelle entre le dîner et la soirée.
Chaque soir, plusieurs vins sont proposés au verre. Le client peut alors poursuivre son expérience autour d’une cuvée locale, tandis que la musique live occupe doucement le lobby.
Le vin ne constitue plus seulement un accord avec la cuisine : il devient l’un des éléments de l’identité de l’établissement.
Treize variations autour des eaux d’Asama Onsen
Malgré ces transformations, KAI Matsumoto reste profondément attaché à sa vocation thermale.
Asama Onsen possède une longue histoire et ses sources sont notamment associées au Goten-yu, les anciens bains du palais du seigneur du château de Matsumoto.
KAI Matsumoto propose aujourd’hui huit types de bains déclinés en treize variantes.
Bains intérieurs et extérieurs, bain radiant permettant de réchauffer progressivement le corps, bain au hinoki, le cyprès japonais, ou encore bain allongé : la diversité des expériences permet de construire un véritable parcours thermal.
Le onsen n’est ainsi plus envisagé comme un simple équipement de bien-être. Il devient un rituel qui accompagne les différents moments du séjour.
Après les bains, un nouvel espace de repos permet de prolonger cette sensation de calme autour notamment d’une boisson élaborée à partir de pommes du Shinshu.
Le ryokan contemporain comme expression d’un territoire
La réussite de cette rénovation tient finalement moins à chacune de ses nouveautés qu’à la cohérence avec laquelle elles ont été réunies.
La musique appartient à Matsumoto. Les vins viennent de Nagano. Les produits racontent le Shinshu. Les eaux thermales restent celles d’Asama Onsen. Même certains éléments décoratifs renvoient aux savoir-faire liés à la fabrication locale d’instruments.
KAI Matsumoto ne cherche donc pas à occidentaliser le ryokan japonais. Il utilise simplement de nouveaux codes pour continuer à exprimer son territoire.
L’arrivée d’une cuisine italienne, d’un bar à vin ou de platines vinyle dans les chambres pourrait, ailleurs, apparaître comme une succession de concepts. Ici, ces éléments prennent leur sens parce qu’ils participent tous au même récit.
Fondé en 1914 à Karuizawa, Hoshino Resorts a bâti une grande partie de son approche sur cette capacité à révéler les particularités d’une destination plutôt qu’à reproduire un modèle hôtelier uniforme.
Avec KAI Matsumoto, le groupe signe ainsi une évolution particulièrement intéressante du ryokan : un lieu profondément japonais, capable de changer de forme sans perdre son âme.
KAI Matsumoto | Ryokan thermal à Asama Onsen, Nagano
KAI Matsumoto
1-31-1 Asama Onsen, Matsumoto, Nagano 390-0303, Japon
Tel. +81 50 3134 8096
Internet: hoshinoresorts.com/en/hotels/kaimatsumoto/
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